Conakry, le 25 mars 2026 – Les acquis sociaux et technologiques du pays, ainsi que les ambitions inscrites dans le cadre du Programme Simandou 2040, ont constitué la troisième partie du discours du Chef du Gouvernement, Monsieur Amadou Oury Bah, devant les Conseil Nationaux de la Transition.
Abordant le bilan social, le Chef du Gouvernement a précisé que la prise en charge sanitaire des agents publics a atteint 80 %, illustrant la volonté de l’État de renforcer la protection sociale et d’améliorer les conditions de vie des citoyens. Dans le secteur agricole, 14 700 hectares ont été aménagés, 507 tracteurs distribués, et la Guinée a consolidé son rang de premier producteur mondial de fonio, avec une production annuelle d’environ 560 000 tonnes.
Le Premier ministre a ensuite évoqué les progrès technologiques réalisés dans le pays, qui contribuent à moderniser l’administration et à réduire la fracture numérique. Plus de 12 000 kilomètres de fibre optique ont été déployés, et plus de 300 localités rurales ont été raccordées aux infrastructures électriques. Les réformes dans la dématérialisation des services publics et la transformation digitale de l’administration ont permis à la Guinée de progresser de 23 places sur l’indice de développement des Nations Unies relatif à la gouvernance électronique, passant de la 183ᵉ place en 2020 à la 160ᵉ en 2025. À ce propos, il a déclaré : « Ces résultats démontrent qu’une transition conduite avec méthode peut restaurer la crédibilité de l’État, rétablir la confiance publique et préparer l’entrée de notre pays dans une nouvelle étape de son développement. »
Le Chef du Gouvernement a rappelé que la stabilité institutionnelle n’a de sens que si elle produit de la prospérité, et que la croissance n’a de légitimité que si elle devient inclusive. Il a souligné : « Les ressources naturelles n’ont de valeur politique que lorsqu’elles bonifient le capital humain et améliorent la compétitivité du pays ; enfin, les projets publics n’ont de sens que s’ils permettent le bien-être de chaque citoyen guinéen. »
C’est dans cette perspective que s’inscrit le Programme Simandou 2040, présenté comme le pilier stratégique de la transformation économique et sociale de la Guinée.
Le programme prévoit une croissance moyenne annuelle de 10,3 %, un produit intérieur brut porté à 152 milliards de dollars à l’horizon 2040, contre environ 35 milliards aujourd’hui, et la création de plus de 500 millions d’emplois. L’architecture globale comprend 122 mégaprojets et 39 réformes structurantes, pour un volume d’investissement estimé à 330 milliards de dollars sur quinze ans. La première phase, couvrant 2026-2030, mobilisera à elle seule 75 milliards de dollars, dont 20 milliards déjà engagés à travers le projet intégré Simandou et les infrastructures associées.
Le financement reposera sur un équilibre combinant 38 % de ressources privées, 11 % de concours des partenaires techniques et financiers, 19 % de fonds souverains et 32 % du budget national. Dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie alimentaire et du commerce, 32 mégaprojets et 10 réformes sont prévus pour un investissement global de 65 milliards de dollars. Le Chef du Gouvernement a rappelé que 45 000 promoteurs agricoles ont été accompagnés, dont 60 % de femmes, et que 298,5 milliards GNF ont été mobilisés à travers le Fonds de Développement Agricole (FODA) et le Programme de Développement de l’Agriculture Commerciale en Guinée (PDACG), en complément de financements extérieurs pour 20 projets et programmes.
Il a souligné que les politiques publiques qui découleront de ce pilier visent à moderniser durablement l’agriculture, sécuriser le foncier, poursuivre la mécanisation, relancer les rizeries, réduire les pertes post-récolte, structurer les filières d’exportation et faire émerger une agro-industrie capable de nourrir le pays, soutenir les revenus ruraux et positionner la Guinée comme un acteur majeur sur les marchés régionaux.







