Une opération policière transfrontalière majeure a permis de mettre fin aux activités d’un réseau criminel qui dépouillait des candidats à l’exil en se faisant passer pour une représentation officielle de la Guinée en Sierra Leone.

C’est au cœur d’une villa de Makeni, en Sierra Leone, que le réseau avait installé son quartier général. Le bâtiment était frauduleusement présenté comme une chancellerie diplomatique guinéenne. L’objectif ? Mettre en confiance de jeunes Guinéens rêvant de rallier l’Europe ou l’Amérique, pour ensuite leur extorquer d’importantes sommes d’argent contre de fausses promesses de visas.

Selon la Direction générale de la Police nationale (DGPN), qui a officialisé le coup de filet ce vendredi 3 juillet 2026, l’enquête a démarré suite aux plaintes de plusieurs familles de victimes.

Pour rabattre ses victimes et dissimuler ses activités criminelles, l’organisation utilisait une couverture commerciale bien connue : la société Infinity Millennium Qnet. Cette structure servait de façade pour recruter les candidats à l’émigration avant de leur soutirer leurs économies.

L’opération conjointe, menée par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et les forces sierra-léonaises, a conduit à l’interpellation de cinq ressortissants guinéens :

  • Mohamed Lamine Camara (alias « Tamisso ») – Gestionnaire de la villa

  • Abdoul Camara – Gestionnaire de la villa

  • Ibrahima Sylla – Gestionnaire de la villa

  • Peter H. Condé – Gestionnaire de la villa

Alpha Oumar Diallo – Arrêté séparément à Freetown, il est soupçonné d’avoir escroqué à lui seul 49 millions de francs guinéens à l’une des victimes.

Extrait de la déclaration de la capitaine Rama Baldé, porte-parole de la Police nationale : « En exécution du soit-transmis du procureur général près la Cour d’appel de Conakry daté du 3 juin 2026, cette opération a permis de démanteler ce réseau transnational. Les suspects ont été remis aux autorités guinéennes de police à police à la frontière de Pamalap, conformément aux accords d’Accra de 2003. »

Les cinq individus sont actuellement en garde à vue dans les locaux de la DCPJ à Conakry.

Au vu des premiers éléments de l’enquête, la justice guinéenne s’apprête à retenir des chefs d’accusation particulièrement graves. Les suspects risquent des poursuites pour :

  • Association de malfaiteurs

  • Escroquerie

  • Traite des êtres humains et trafic illicite de migrants

  • Usurpation de titres et de fonctions

La direction de la police a salué la coopération exemplaire entre la DCPJ, les bureaux d’Interpol de Conakry et de Freetown, ainsi que les autorités sierra-léonaises. Elle appelle la population à la plus grande vigilance face aux offres de voyage ou d’emploi en cascade dont le caractère trop avantageux cache souvent des réseaux d’escroquerie.

GuineeQuotidien