À la veille de la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine qui se tiendra le 15 août (19h30 TU) à Anchorage, en Alaska, peu de voix officielles s’expriment en Russie. Mais le ton des médias légitimistes est à l’absence de compromis sur les exigences de Moscou détaillées en juin 2024.
Donald Trump a beau parler « d’échanges de territoires », on ne voit aucun plan, aucune trace de supputation dans la presse russe légitimiste. Tous soulignent à l’envi que les quatre régions annexées en septembre 2022 figurent aujourd’hui dans la Constitution russe, comme partie intégrante du pays.
Ces « nouvelles régions », c’est la formule officielle en Russie, ne font pas partie des paramètres de négociations, écrit ainsi le Moskovski Komsomolets. La seule question qui peut être soulevée, juge le quotidien, c’est si cette appartenance peut, ou non, être reconnue officiellement par la communauté internationale.
L’autre condition
Souvent, on rappelle aussi une autre condition posée par Vladimir Poutine en juin 2024. Tout cessez-le-feu est conditionné au retrait des forces ukrainiennes de la totalité de ces régions. L’autre « très » éventuel compromis, et c’est présenté comme cela, concerne les territoires des régions de Soumy et de Kharkiv, où les soldats de la Russie sont présents : mais pas pour les rendre à Kiev, mais pour en faire des zones tampons.
Enfin, après un premier silence total de 36 heures, les récentes progressions militaires rapportées dans la région de Donetsk sont en Russie abondamment décrites, et avec emphase. L’armée du Kremlin s’approche désormais de certaines zones reprises lors de la contre-offensive ukrainienne de l’automne 2022, comme la ville de Lyman.
Vladimir Poutine et Donald Trump discuteront du conflit en Ukraine et plus globalement de la sécurité internationale, a annoncé jeudi le Kremlin, précisant que ce sommet débutera vers 19h30 TU sur la base aérienne d’Elmendorf à Anchorage et donnera lieu à une conférence de presse commune.
« L’ordre du jour portera principalement sur le règlement de la crise ukrainienne », a déclaré aux journalistes le conseiller diplomatique du chef d’État russe, Iouri Ouchakov, évoquant aussi les thèmes de la « paix » et de la « sécurité », les « questions internationales d’importance » et « la coopération bilatérale ». Selon lui, les préparatifs sont « entrés dans leur phase décisive » en vue de ce sommet.
Ce sommet commencera avec un entretien en tête-à-tête entre les deux dirigeants, en présence d’interprètes, puis les négociations se poursuivront entre les délégations respectives autour d’un déjeuner, en présence d’un groupe d’experts. « Ensuite, une conférence de presse commune sera organisée pour dresser le bilan », précise Iouri Ouchakov, dans des propos raportés par l’AFP.
La délégation russe sera composée du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, du ministre de la Défense Andreï Belooussov, du ministre des Finances Anton Silouanov, de l’émissaire chargé des questions économiques à l’international, Kirill Dmitriev, et de Iouri Ouchakov lui-même. Selon le conseiller présidentiel russe, aucune durée limite pour les négociations n’a été fixée. « La délégation rentrera en Russie immédiatement après la fin des discussions », a-t-il ajouté.
Avec AFP






