La Corée du Nord a tiré, dimanche 4 janvier, plusieurs missiles balistiques présumés selon Séoul ; il s’agit de son premier lancement de l’année, qui survient au lendemain de la capture du président vénézuélien par les États-Unis selon un scénario que Pyongyang accuse depuis longtemps Washington de vouloir mener contre ses dirigeants.
« Notre armée a détecté plusieurs projectiles, qui sont présumés être des missiles balistiques, lancés vers la mer de l’Est depuis les environs de Pyongyang [la capitale nord-coréenne] aux alentours de 7 h 50 dimanche (23 h 50 en France, samedi) », a détaillé le ministère de la Défense sud-coréen, faisant référence au nom local de la mer du Japon. Le ministère de la Défense japonais a lui aussi dit avoir détecté le tir d’un missile balistique présumé, qui est retombé vers 8 h 08 locales (0 h 08 en France). Sa zone de chute n’a pas été précisée.
« Le développement nucléaire et balistique de la Corée du Nord menace la paix et la stabilité de notre pays et de la communauté internationale, et est absolument intolérable », a réagi devant des journalistes le ministre de la Défense japonais, Shinjiro Koizumi.
« Cela reflète probablement l’importante pression que Pyongyang ressent face à la situation au Venezuela », a noté auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Hong Min, analyste à l’Institut coréen pour l’unification nationale. Les États-Unis ont frappé le Venezuela, tôt samedi, et capturé son dirigeant Nicolas Maduro, ensuite conduit en territoire américain où il doit répondre d’accusations de « narcoterrorisme ». Donald Trump a par ailleurs expliqué que Washington allait « diriger » le pays jusqu’à une « transition sûre, appropriée et judicieuse ».
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La Corée du Nord a fréquemment dénoncé de supposés plans de Washington pour renverser le pouvoir en place. « Bien que les spécifications du missile doivent être vérifiées, le message sous-jacent est probablement qu’attaquer la Corée du Nord ne serait pas aussi facile que de frapper le Venezuela », a souligné Hong Min.
Lee Il-kyu, ancien conseiller politique de l’ambassade de Corée du Nord à Cuba, qui a fait défection en Corée du Sud en 2023, a écrit dans un message sur Facebook qu’il espérait que son pays « tirera au moins une leçon des choix, décisions et actions récentes des États-Unis ».
Cette manœuvre de Pyongyang est par ailleurs intervenue quelques heures avant que le président sud-coréen, Lee Jae Myung, ne décolle vers la Chine pour un sommet avec son homologue Xi Jinping. L’influence de Pékin, proche de Pyongyang, pourrait aider M. Lee dans ses efforts pour réchauffer les relations avec le Nord.
Renforcer l’arsenal nord-coréen
Les derniers tirs de la Corée du Nord surviennent aussi au moment où son dirigeant, Kim Jong-un, se montre très présent sur le plan militaire. Il a notamment visité un chantier de sous-marins à propulsion nucléaire, ordonné d’augmenter la production de missiles et la construction d’usines, supervisé le test de deux missiles de croisière de longue portée et vanté la puissance de ses nouveaux lance-roquettes multiples.
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Le Nord a, de manière générale, considérablement accéléré ses essais militaires ces dernières années. Le précédent test de missile balistique nord-coréen remontait à novembre 2025, après que Donald Trump a donné son feu vert à la Corée du Sud pour construire des sous-marins à propulsion nucléaire. Selon les analystes, l’objectif de Pyongyang est d’améliorer ses capacités en matière de frappe de précision, de défier Washington et Séoul et de tester des armes avant d’éventuellement les exporter vers la Russie, son alliée.
Par ailleurs, dans les prochaines semaines, doit avoir lieu le premier congrès en cinq ans du Parti des travailleurs, au pouvoir en Corée du Nord. La politique économique du pays ainsi que sa stratégie militaire et de défense devraient figurer parmi les sujets majeurs abordés.
Samedi, Kim Jong-un s’était à nouveau rendu dans une usine de matériel militaire, impliquée dans la fabrication d’armes tactiques guidées, a rapporté l’agence officielle nord-coréenne KCNA. Le dirigeant a ordonné au site d’augmenter sa capacité de production actuelle de 250 %, selon la même source.
Avec AFP






