Une démonstration de force qui dépasse le symbole. Le meeting du 8 novembre 2025 à Dakar, organisé par Ousmane Sonko et le PASTEF, n’était pas seulement une mobilisation de militants. Il s’est imposé comme un acte politique majeur, révélant la stratégie d’un Premier ministre qui entend gouverner en s’appuyant sur la rue autant que sur les institutions.
La ferveur populaire, impressionnante par son ampleur, confirme que Sonko conserve une base solide, notamment auprès de la jeunesse. Mais cette démonstration soulève aussi des interrogations : peut-on gouverner durablement en transformant chaque rassemblement en épreuve de force ?
Les points forts du discours : un récit de rupture
Sonko a insisté sur la souveraineté nationale, la justice sociale et la mobilisation citoyenne. Ces thèmes, portés depuis ses débuts, résonnent fortement dans un pays marqué par les inégalités et les frustrations économiques. Le Premier ministre a su transformer ces revendications en un récit politique cohérent, qui oppose un “nouveau Sénégal” à l’ancien système.
Ce discours, offensif et galvanisant, a renforcé l’image d’un leader qui ne transige pas sur ses principes. Mais il place aussi la barre très haut : les attentes suscitées sont immenses, et la moindre déception pourrait fragiliser la confiance populaire.

Les conséquences politiques avec un rapport de force redessiné
Pour le PASTEF : Le parti sort renforcé, consolidant son statut de force dominante. Avec cette mobilisation confirme sa capacité à occuper l’espace public et à imposer son agenda se confirme.
Mais pour l’opposition, les partis concurrents apparaissent marginalisés. Faute de mobilisation équivalente, ils risquent de perdre en visibilité et en crédibilité dans l’opinion. Pour les institutions : Le meeting illustre une gouvernance qui s’appuie sur la légitimité populaire. Cela peut renforcer l’exécutif, mais aussi fragiliser l’équilibre institutionnel si la rue devient le principal levier de pouvoir.
Les conséquences sociales : entre espoir et tension
La jeunesse, moteur du rassemblement, place de grandes attentes sur Sonko. Enthousiasme et optimisme dominent, mais la pression est forte pour que les promesses se traduisent en résultats concrets.
Le risque est double pour le leader du PASTEF, car si les réformes tardent, la ferveur pourrait se transformer en frustration.
Une gouvernance sous tension
Ce meeting révèle une gouvernance fondée sur la mobilisation populaire. Sonko veut montrer qu’il est porté par le peuple, mais cette stratégie comporte des risques : Elle peut renforcer sa légitimité à court terme, mais peut aussi fragiliser la stabilité institutionnelle si elle se transforme en confrontation permanente avec l’opposition et les corps intermédiaires.
Mais cette stratégie, si elle n’est pas accompagnée de réformes concrètes et rapides, pourrait se retourner contre son initiateur. Le défi de Sonko est désormais clair : transformer la ferveur en résultats tangibles, pour éviter que l’enthousiasme populaire ne se mue en désillusion. C’est dans le virage de la transformation économique qu’il est attendu, car le panier de la ménagère sénégalaise ne peut pas demeurer légé simplement parce qu’elle a une sympathie pour SONKO. Par ce meeting, le leader du PASTEF met un coup de pression à son gouvernement.
Source: Koumamedia.com






