À la suite de l’investiture du Président Mamadi Doumbouya, le 17 janvier dernier, dont la retransmission télévisée a provoqué de vifs débats au sein des professionnels de l’information, M. Ibrahima Koné, Directeur général du quotidien national Horoya, a mis en relief le rôle primordial des médias de service public comme garants de l’information officielle et de la mémoire nationale.

Dans un entretien accordé ce mercredi 21 janvier, le patron de Horoya a formulé des sollicitations à l’adresse du nouveau pouvoir concernant l’implication active de Horoya dans les activités médiatiques :

« Que l’État continue à nous soutenir, et que le nouveau gouvernement implique davantage les hommes de médias de service public tels que Horoya, RTG (Radio Télévision Guinéenne) 1 et 2, AGP (Agence Guinéenne de Presse) dans toutes les activités de l’État. Un État a ses outils de communication, et il doit les respecter. »

Par ailleurs, M. Koné a souligné l’importance du respect de la discipline et de la responsabilité que doivent faire preuve les influenceurs numériques, différents des canaux institutionnels :

« Dans aucun pays au monde, les instruments de communication de l’État ne sont remplacés par des blogueurs ou des vloggeurs. Nul ne peut remplacer un quotidien national à Abidjan, Dakar ou ailleurs. Aux États-Unis, on consulte le New York Times, en Angleterre le Guardian est sollicité par l’État… Voilà des références. Les blogueurs et communicants ne sont pas des références. L’État a ses références, et ces références ne sont autres que ceux qui informent professionnellement et communiquent en s’appropriant correctement des messages destinés à la sensibilisation. »

M. Koné a également mis en garde contre la multiplication des médias sectoriels, qu’il juge contre-productive :

« Aujourd’hui en Guinée, on laisse un peu trop se développer les médias. L’Assemblée nationale a sa radio, la ville de Conakry a la sienne. Bientôt, et peut-être le ministère de l’Éducation voudra sa radio et sa télévision, celui de la Défense sa télévision… Il est donc important que le Président nouvellement élu freine cette prolifération. Les médias d’État existent justement pour couvrir ces besoins. Sinon, qui doit-on écouter ? »

Par ces déclarations, Ibrahima Koné pose un débat central sur la structuration de l’espace médiatique guinéen, défendant un modèle où les médias nationaux historiques restent les piliers incontournables de la communication publique et de la couverture institutionnelle.

Source:repereguinée.com