Un mois après une tentative manquée de putsch contre le chef de l’État Patrice Talon, qui passera la main lors d’une présidentielle en avril, près de neuf millions de Béninois étaient appelés à voter dimanche 11 janvier pour des élections législatives et communales.
Ni la continuité de l’État ni le calendrier électoral n’ont été remis en cause lors de cette tentative de coup de force de quelques militaires, le 7 décembre, déjouée le jour même.
Après une journée de vote calme, les bureaux de vote ont fermé à 17 h (16 h GMT) et le dépouillement a démarré dans la foulée, sous le regard attentif de mandataires de partis politiques, d’observateurs de diverses organisations et aussi d’électeurs curieux qui suivaient le processus, a constaté un journaliste de l’AFP.
Les résultats sont attendus dans le courant de la semaine prochaine.
« Moi, je suis un bon citoyen et c’est pourquoi je suis venu voter. Je suis fier du processus et de l’organisation, et je souhaite que tout se passe bien jusqu’à la fin », a dit Claude Somakpo, un artisan à Cotonou.
Le président Patrice Talon, qui cédera sa place après deux mandats en avril, conformément à la Constitution, a voté en fin de matinée. « Cela se passe bien. Que tout le monde fasse son devoir jusqu’à la fin de la journée. Aujourd’hui, c’est le début d’une vie meilleure », a-t-il déclaré.
Une campagne sans grand meeting
Ces législatives à un tour doivent permettre d’élire les 109 députés qui composent l’Assemblée Nationale et la coalition présidentielle, composée de trois partis, espère y renforcer sa majorité actuelle.
Elle détient 81 sièges, contre 28 pour le principal parti d’opposition, les Démocrates.
Ces derniers jouent gros lors de cette élection car il s’agit du seul scrutin auquel ils peuvent participer : leurs candidatures aux élections communales ont été retoquées tout comme celle de leur candidat à la présidentielle d’avril, faute d’un nombre de parrainages suffisant.
Autre défi de taille pour ce parti qui a connu des dissensions internes ces derniers mois, atteindre le seuil des 20 % dans chacune des 24 circonscriptions électorales du pays, condition sine qua non pour siéger à l’Assemblée.
La campagne s’est déroulée sans grand meeting, la plupart des partis ayant opté pour des stratégies de terrain avec du porte-à-porte notamment.
Les précédentes législatives avaient peu mobilisé, avec respectivement 27 et 37 % de participation en 2019 et 2023.
« Garantir un vote libre, transparent et sécurisé »
Dimanche, les électeurs sont également appelés à choisir leurs conseillers communaux.
« Toutes les dispositions sont prises pour garantir un vote libre, transparent et sécurisé. Aucune ambition politique ne saurait justifier la violence ou mettre en péril l’unité nationale, pilier fondamental du développement du pays, a déclaré Sacca Lafia, le président de la Commission électorale nationale autonome (Cena).
Les Béninois connaîtront une année électorale chargée avec la présidentielle d’avril, pour laquelle le ministre des Finances Romuald Wadagni, successeur désigné du président Talon, est ultra-favori.
Les dix années de gouvernance Talon sont régulièrement saluées pour le développement économique connu par le Bénin, avec une forte croissance à l’appui, tandis que ses détracteurs critiquent une restriction de l’espace politique et des libertés publiques.
Avec AFP






