Des spécialistes allemands appellent à intégrer la chirurgie oculaire dans les programmes de santé et à renforcer les partenariats hospitaliers entre l’Allemagne et le continent africain.

Des experts allemands en ophtalmologie ont appelé à un rééquilibrage urgent de l’aide au développement en Afrique, soulignant que la prévention seule est insuffisante pour combattre la cécité infantile. Dans un rapport de l’Académie nationale des sciences Leopoldina, soutenu par la société allemande d’ophtalmologie (DOG), ils plaident pour une meilleure intégration des traitements curatifs, essentiels pour des millions d’enfants sur le continent.La cataracte congénitale, non préventive, est identifiée comme la principale cause de cécité chez les enfants africains. Contrairement à la cécité cornéenne presque éliminée par la prévention (vitamine A, vaccination anti-rougeole), cette maladie ne peut être traitée que chirurgicalement, indique le rapport. L’opération, bien que routinière, produit des effets transformateurs : elle permet à plus de la moitié des enfants opérés à Kinshasa de fréquenter l’école ordinaire et augmente leur espérance de vie de 45 à 63 ans, démontrant une rentabilité économique à long terme.Cette approche remet en question l’idée reçue des années 1980 selon laquelle la prévention serait toujours plus rentable. Les auteurs du rapport exhortent le gouvernement allemand à renforcer les partenariats hospitaliers existants, comme ceux entre Rostock et Kinshasa ou Tübingen et le Malawi, qui forment des médecins locaux et visent l’autonomie. Ils demandent un financement direct du ministère de l’Aide au développement pour ces projet curatifs et une réduction de la bureaucratie.

Le rapport insiste sur la nécessité d’une stratégie de santé mondiale équilibrée qui intègre prévention et curation. Ce modèle est présenté comme médicalement indispensable, socialement juste et économiquement viable, offrant de nouvelles perspectives de vie aux enfants les plus vulnérables du continent africain. Ce rapport, corédigé par le professeur Rudolf F. Guthoff, membre de la DOG et expert en ophtalmologie, ne se limite pas aux soins oculaires, mais sert d’impulsion pour une refonte plus large de la coopération allemande au développement.

 

Avec dpa-news