Une visite aussi discrète qu’inhabituelle, le directeur de la CIA américaine, John Ratcliffe, s’est rendu ce mardi 25 août à Moscou. Pour l’instant, seul le Kremlin a confirmé cette visite. Selon la Russie, le patron du renseignement américain a eu des contacts « entre services secrets » mais pas de rencontre avec Vladimir Poutine. C’est la premère visite du genre connue de John Ratcliffe depuis sa prise de fonction l’an dernier.
Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s’est rendu ce 25 août à Moscou, en Russie, pour échanger « entre services secrets », sans rencontrer le président Vladimir Poutine, a affirmé ce mercredi 26 août le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
« Il y a eu des contacts entre les services secrets, mais aucune rencontre avec le président russe n’a eu lieu », a déclaré Dmitri Peskov aux journalistes, dont l’AFP, qualifiant ces contacts de « positifs » tout en refusant d’évoquer les dossiers sur lesquels les discussions ont porté. Le porte-parole du Kremlin a jugé « qu’il est encore trop tôt pour dire dans quelle mesure cela aura une incidence sur le processus visant à sortir les relations (russo-américaines) de la crise ». Aucun autre contact futur n’est prévu pour l’heure, a-t-il affirmé.
Washington n’a pas communiqué à ce stade sur cette visite de John Ratcliffe à Moscou, la première connue depuis sa prise de fonction en 2025. Un avion militaire américain avait décollé ce 25 août dans la matinée de la capitale lettone Riga pour rejoindre la capitale russe, avant de faire le trajet inverse dans la soirée, selon les données du site de suivi des vols Flightradar24.
Selon la chaîne américaine CBS, Washington aurait demandé à l’Ukraine de suspendre des frappes en Russie pour sécuriser ce déplacement. Kiev aurait accepté de ne pas viser la capitale russe ainsi que d’autres zones pour permettre cette visite.
Le contenu de cette mission reste mystérieux
Reste le contenu des discussions. Première hypothèse : tenter de débloquer les négociations sur l’Ukraine qui sont dans l’impasse. Deuxième hypothèse : la guerre avec l’Iran. Washington cherche à renforcer l’isolement économique et diplomatique de Téhéran, allié de la Russie. Autre piste : un nouvel échange de prisonniers. John Ratcliffe avait déjà participé à la libération d’une femme russo-américaine en 2025.
Quelle que soit sa mission, cette visite est exceptionnelle. Les déplacements des hauts responsables américains en Russie sont devenus extrêmement rares depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Le dernier voyage connu d’un directeur de la CIA en Russie remontait à novembre 2021, avant le début de la guerre en Ukraine en février 2022. William Burns, qui occupait alors ces fonctions, avait rencontré des membres du gouvernement russe dans un contexte international déjà tendu, dans le cadre d’un dialogue stratégique entre Moscou et Washington qui n’avait pas abouti.
Selon la chaîne de télévision américaine CNN, William Burns avait été dépêché à Moscou pour « mettre en garde » la Russie contre le renforcement de ses troupes près de la frontière ukrainienne, à quelques mois du début de l’offensive militaire russe.
Avec AFP







