Tokounou, dans la région administrative de Kankan, a vibré au rythme d’une célébration pas comme les autres. Quelques jours après son érection officielle en préfecture, la population s’est mobilisée pour marquer cette nouvelle page de l’histoire de leur localité.

Située à 135 kilomètres de Kankan, Tokounou a officiellement accédé au statut de préfecture à la faveur d’un décret présidentiel rendu public le jeudi 20 août 2026 sur les antennes de la télévision nationale. Cette décision vient répondre à une aspiration longtemps exprimée par ses populations.

La nouvelle préfecture compte environ 47 420 habitants, répartis entre 75 villages et 35 districts.

Tokounou dispose par ailleurs d’importants atouts pour accompagner son développement. La localité se trouve à la jonction entre les zones de forêt et de savane et dispose de nombreux cours d’eau favorables aux activités agricoles. L’agriculture et le commerce constituent déjà les principales activités économiques de la localité.

À ces potentialités s’ajoute le passage du chemin de fer Transguinéen lié au projet Simandou, avec notamment une importante gare à Tokounou. Cette infrastructure ouvre de nouvelles perspectives pour les échanges, le commerce, la mobilité et le développement économique de la nouvelle préfecture.

La localité dispose également d’un potentiel minier qui, associé à ses ressources agricoles et à sa position géographique, pourrait constituer un véritable levier pour le développement local.

L’érection de Tokounou ne constitue pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une refonte plus vaste de la carte administrative guinéenne, engagée par le président Mamadi Doumbouya dans le cadre de sa politique de rapprochement de l’administration des populations.

Le même jeudi 20 août, onze sous-préfectures ont ainsi accédé au rang de préfecture à travers plusieurs régions du pays. Outre Tokounou, il s’agit de Kamsar, Timbo, Dialakoro, Sabadou-Baranama, Doko, Siguirini, Kintinian, Sinko, Kouankan et Karala.

Dans un décret distinct, le chef de l’État a également élevé Siguiri et Beyla, jusque-là rattachées respectivement aux régions de Kankan et de Nzérékoré, au rang de régions administratives à part entière.

Cette recomposition territoriale vise notamment à renforcer la présence de l’État dans des zones parfois éloignées des grands centres urbains et à faciliter l’accès des populations aux services publics de proximité.

Pour marquer cette étape importante, une grande cérémonie a été organisée à Tokounou, en présence des autorités locales, notamment le sous-préfet, qui continue d’assurer ses fonctions en attendant la mise en place de la nouvelle administration préfectorale.

La mobilisation a également réuni plusieurs fils du terroir. Parmi eux, Ibrahima Koné, directeur général du quotidien national Horoya et ressortissant de Tokounou, qui a tenu à partager ce moment historique avec les populations.

 

Lansana Diawara, directeur général du Fonds de Développement Social et de l’Indigence (FDSI), ami et sympathisant de Tokounou et de la région, a également pris part à cette célébration.

D’autres personnalités originaires de la localité ont également répondu présentes, à l’image de Mohamed Ansa Diawara, directeur du Service National de la Documentation et des Bibliothèques Scolaires (SNDBS) et porte-parole du ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, ainsi que de l’entrepreneur Ibrahima Diawara.

Avant le lancement des activités officielles, les participants se sont recueillis au mausolée de l’illustre Elhadj Ibrahima Diawara, plus connu sous le nom de « Tokounou Lassidan », suivi d’une grande lecture du Saint 

Sous la conduite des sages et des autorités morales de la localité, des prières ont été formulées pour la préservation de la paix et de la cohésion sociale.

Pour les populations, cette accession au statut de préfecture constitue l’aboutissement d’une longue attente. La satisfaction est d’autant plus grande que Tokounou dispose aujourd’hui de plusieurs atouts susceptibles de soutenir son développement.

Le maire de la commune urbaine, Adama Kourouma, s’est réjoui de la décision prise par les autorités, saluant l’aboutissement d’une démarche engagée depuis plusieurs années.

La célébration organisée dans la localité a ainsi permis aux populations d’exprimer leur reconnaissance. Selon le maire, 18 bœufs ont notamment été immolés, en plus d’une lecture du Saint Coran.

Mais après les réjouissances, les regards sont désormais tournés vers les défis.

Pour les autorités locales, le lotissement constitue l’une des premières urgences. L’objectif est de permettre à Tokounou de disposer d’un cadre urbain adapté à son nouveau statut et d’accompagner son développement.

Des démarches ont été engagées avec les services de l’Habitat afin de préparer le projet de lotissement.

La question des infrastructures administratives se pose également. Avec l’installation progressive de la nouvelle administration préfectorale, Tokounou devra disposer de bureaux et de logements pour les fonctionnaires qui seront affectés dans la localité.

La jeunesse nourrit également de grands espoirs avec ce changement de statut.

Le président de la jeunesse, Bö Lounceny Diawara, souhaite notamment la construction d’une maison des jeunes, la mise à disposition d’équipements culturels et la création de meilleures conditions pour les activités de jeunesse.

Mais au-delà des équipements, l’emploi reste une préoccupation majeure. La jeunesse espère que le nouveau statut de Tokounou permettra de créer des opportunités et de limiter le départ des jeunes vers les zones minières de Siguiri et Mandiana.

Avec le passage du chemin de fer Transguinéen, les potentialités agricoles et minières de la localité, les jeunes espèrent également voir émerger de nouvelles activités économiques.

Tokounou dispose ainsi de plusieurs cartes pour réussir son développement.

Sa position entre la forêt et la savane, ses nombreux cours d’eau, son potentiel agricole, ses ressources minières, mais aussi le passage du chemin de fer Transguinéen et la présence d’une gare constituent autant d’opportunités que les autorités locales et les populations souhaitent voir valorisées.

Pour les femmes également, les attentes restent nombreuses, notamment en matière d’accès à l’eau potable et d’activités génératrices de revenus.

L’érection de Tokounou en préfecture apparaît donc comme une opportunité pour mieux organiser le développement de la localité et attirer davantage d’investissements.

La population espère désormais voir ce changement de statut se traduire concrètement par de meilleures infrastructures, un accès facilité aux services de base, des opportunités pour la jeunesse et surtout des retombées visibles sur le quotidien des habitants.

Tokounou vient d’ouvrir une nouvelle page de son histoire administrative. Avec ses nombreuses potentialités, la nouvelle préfecture dispose désormais d’atouts importants pour faire de ce changement de statut un véritable levier de développement local.