Ce mercredi 9 septembre 2026, le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget a organisé un atelier de restitution du Fonds souverain de Guinée dans un réceptif hôtelier de la place. Sous la présidence du Premier ministre, chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah, cette initiative d’une importance capitale a connu la présence de la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, du ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé, du président de la CGE-GUI, Ansoumane Kaba Guiter, de la directrice générale des Impôts, Fatoumata Foula Diallo, ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Dans son intervention, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget a souligné que la Guinée est en train de poser un acte fondateur en réunissant dans cette salle les hautes autorités de l’État, les directions techniques des départements ministériels, le secteur privé ainsi que les partenaires techniques et financiers, pour discuter et ouvrir la voie à la création du Fonds souverain de Guinée. Selon elle, il s’agit d’une institution qui engageral la Guinée pour les décisions à venir.
Pour elle, ce fonds est l’expression directe de la vision de Son Excellence M. le Président de la République, Mamadi Doumbouya, qui, face à un pays dont le sous-sol recèle parmi les plus grandes réserves minières du monde, a posé une question que nos populations se posent depuis des générations : à qui profite cette richesse naturelle et minière, et pour combien de temps ? Le Fonds souverain de Guinée est sa réponse institutionnelle à cette question.
Poursuivant son intervention, la patronne du département de l’Économie, des Finances et du Budget a précisé que la Guinée travaille à rejoindre le cercle restreint des nations qui ont fait le choix de transformer la richesse de leur sous-sol en richesse durable pour leur peuple.
« La Norvège l’a fait avec le pétrole, le Botswana avec le diamant, le Nigeria avec ses revenus pétroliers et gaziers. Chacun de ces pays a compris la même chose : une ressource naturelle n’est pas une richesse inépuisable. Ce qui est inépuisable, c’est l’institution qui en gère les fruits. Ce sont les actes qui sont posés pour les générations à venir. Notre ambition est de cette nature. Avec Simandou qui est entré en phase opérationnelle et une capacité de production de 120 millions de tonnes attendue d’ici 2028, avec des investissements directs étrangers qui atteignent des niveaux historiques, et une notation souveraine qui conforte notre crédibilité internationale », a expliqué Mariama Ciré Sylla.
La ministre a ensuite rappelé les récentes avancées significatives du pays sur le plan économique : « Avec une ouverture et une entrée sur le marché avec une notation B+ à perspective stable qui, six mois après, était déjà rehaussée à B+ avec perspective positive. Ce qui est très rare, parce que les notations prennent souvent du temps à évoluer. Aujourd’hui, ce fonds est donc notre instrument pour saisir une fenêtre d’opportunité. Une fenêtre qui offre des perspectives de croissance à la République de Guinée, qui a connu une croissance estimée à 7,1 % en 2025, projetée à 8,6 % en 2026 et estimée à deux chiffres à l’orée 2030. Nous avons donc une opportunité unique », a-t-elle ajouté.
Pour conclure, la première responsable du ministère de l’Économie a indiqué : « Le fonds que nous construisons reposera sur trois missions complémentaires :
Financer le développement d’abord : Les revenus tirés de nos ressources minières doivent se traduire en infrastructures, en accès aux services, en éducation, en santé et en emplois pour nos jeunes générations dans nos régions. C’est la mission la plus immédiate, celle que nos populations attendent de voir se matérialiser dans leur quotidien. Parce qu’on leur a annoncé ce grand projet, elles ont vu des investissements massifs, un chemin de fer, un port et d’autres infrastructures connexes. Mais le plus important pour elles, c’est le changement positif que cela apporte dans leur vie au quotidien.
Stabiliser les finances publiques : Les cours des matières premières fluctuent, tandis que les besoins de l’État sont constants, voire en progression. Le fonds servira d’amortisseur pour que les périodes de baisse des cours ne se transforment pas en crise budgétaire, et pour que la gestion de notre économie repose sur la prévision et l’anticipation plutôt que sur la réaction.
Épargner pour les générations futures : Une partie des revenus de nos ressources naturelles sera préservée au bénéfice de ceux qui viendront après nous. C’est peut-être la dimension la plus exigeante de ce projet : accepter de mettre de côté aujourd’hui pour que demain soit plus solide. »
Sylla Ibrahima Kalil, pour conakrynews.org,625444534