Le directeur général du quotidien national Horoya, Ibrahima Koné, propose de faire du fonds souverain lié au programme Simandou 2040 un levier de financement et de développement des médias guinéens et, au-delà, de la presse sous-régionale. Il a formulé cette proposition vendredi, lors d’un panel consacré aux modèles économiques des médias et des réseaux sociaux, au Grand Théâtre de Dakar, dans le cadre du Salon international des médias d’Afrique (SIMA).

Devant les participants, Ibrahima Koné a mis en lumière les difficultés structurelles des médias publics guinéens, notamment Horoya, la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG) et la Radio rurale, qui relèvent du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation. Depuis plus de quatre ans, ces médias cherchent à changer de statut, une évolution déterminante pour définir leur modèle économique et renforcer leur autonomie financière. Le cabinet Cosmos travaille sur une proposition en ce sens.

Contrairement aux médias privés, qui disposent généralement d’un modèle économique construit autour de leur clientèle et de leurs annonceurs, les médias publics restent confrontés à la nécessité de repenser leurs mécanismes de financement.

Pour le patron de Horoya, la transformation numérique constitue également un enjeu incontournable. La presse écrite ne peut désormais envisager son avenir sans développer des services digitaux capables de générer des revenus. Il a évoqué, à titre d’exemple, les expériences de médias africains ayant investi dans les services numériques, tout en soulignant la nécessité pour Horoya de s’engager dans une dynamique similaire afin d’attirer davantage d’annonceurs.

C’est dans cette perspective qu’il a plaidé pour la mise en place de mécanismes permettant aux entreprises de presse de présenter des projets bancables et d’accéder à des financements à travers le fonds souverain adossé à Simandou 2040. L’objectif serait de donner aux médias les moyens d’investir, de moderniser leurs équipements et de consolider leur viabilité économique.

Ibrahima Koné a également proposé d’élargir les missions de Simandou Academy à la formation des journalistes.

Par Madiba Kaba