Dix organisations scientifiques allemandes appellent le gouvernement à revoir son projet de suppression des programmes de coopération universitaire avec les pays du Sud global.

L’Alliance allemande des organisations scientifiques a mis en garde contre les réductions prévues par le ministère allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) dans les programmes universitaires menés avec les pays du Sud global. Sans ces programmes, l’Allemagne perdra durablement son influence dans des régions où d’autres États renforcent actuellement de manière ciblée leur présence en matière de politique scientifique et éducative, a souligné l’Alliance, qui regroupe dix organisations scientifiques du pays. 

Selon ses plans actuels, le BMZ supprimera progressivement, d’ici 2031, tous les programmes de coopération universitaire relevant de la coopération au développement, à l’exception d’un programme destiné aux anciens bénéficiaires (alumni). Les programmes financés jusqu’ici dans le cadre d’initiatives spéciales du BMZ arrivent également à leur terme. L’Alliance appelle le gouvernement à trouver des solutions viables dans la suite du processus budgétaire afin que la coopération entre les universités allemandes et leurs partenaires du Sud global, dont l’Afrique, continue de bénéficier du soutien nécessaire.

Un recul de la diplomatie scientifique

Grâce au financement du BMZ, mis en œuvre notamment par l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD), la Fondation Alexander von Humboldt et la Conférence des recteurs d’universités, des générations de jeunes du Sud ont pu se former et se construire des perspectives dans les domaines scientifique, économique et politique, a-t-on indiqué. En mai dernier, le DAAD, également membre de l’Alliance, a exprimé sa crainte de voir ces coupes entraîner une perte d’influence de l’Allemagne dans les pays du Sud, un recul de la diplomatie scientifique, un affaiblissement du recrutement international de talents, ainsi qu’un vide susceptible d’être occupé par la Chine ou la Russie.

« Ceux qui démantèlent ces coopérations universitaires économisent certes de l’argent à court terme, mais affaiblissent parallèlement la capacité d’action internationale de l’Allemagne dans les domaines de la science, de l’économie et du recrutement de main-d’œuvre qualifiée », avait alors déclaré le président du DAAD, Joybrato Mukherjee. Au cours des cinq dernières années, les programmes universitaires financés par le DAAD ont bénéficié à près de 120 000 personnes dans une soixantaine de pays. Environ 450 universités et institutions partenaires à travers le monde y ont participé.

 

Avec dpa-news