Au lendemain de la décision du jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) de retirer aux Lions de la Teranga leur titre de champions d’Afrique 2025 au profit du Maroc, le gouvernement sénégalais a demandé, mercredi, l’ouverture d’une enquête internationale « pour soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF ». Dakar dénonce dans un communiqué une décision « illégale et injuste » et promet une riposte sur tous les terrains, sportifs, judiciaires et politiques.

Le Sénégal hausse le ton. Par la voix de Marie Rose Khady Fatou Faye, secrétaire d’État et porte-parole du gouvernement, l’exécutif dit rejeter « sans ambiguïté cette tentative de dépossession injustifiée », deux mois après la finale chaotique remportée 1-0 après prolongation par le Sénégal à Rabat. Le communiqué officiel exprime la « vive consternation » des autorités face à un verdict qualifié d’« interprétation manifestement erronée du règlement » et « contraire à l’éthique sportive ».

Selon Dakar, le titre a été « acquis sur le terrain, dans le respect des règles du jeu », et sa remise en cause porte atteinte à la « vérité du terrain ».

Le gouvernement annonce une stratégie offensive : demande d’« enquête indépendante » sur les « soupçons de corruption au sein de la CAF » et saisine de « toutes les instances compétentes, y compris le Tribunal arbitral du sport (TAS) », pour « rétablir la primauté du résultat sportif ».

Le communiqué réaffirme la solidarité de l’État envers les ressortissants sénégalais détenus au Maroc après les incidents de la finale, et en promettant une « mobilisation totale » pour une issue favorable. « Le Sénégal demeurera résolu, vigilant et inflexible dans la défense des droits de la sélection nationale et dans la restauration de l’honneur du sport africain », insiste la porte-parole.

Ce mardi 17 mars, le jury d’appel de la CAF a destitué le Sénégal, vainqueur sur le terrain, et proclamé le Maroc champion d’Afrique sur tapis vert. La confédération justifie ce renversement par le comportement des joueurs sénégalais, qui avaient quitté la pelouse plusieurs minutes en réaction à une décision arbitrale dans le temps additionnel du temps réglementaire.

Dans le monde du football africain, la décision a suscité une onde de choc. L’entraîneur français Claude Le Roy, figure emblématique du continent, s’est dit frappé d’« effarement » face aux « décisions grand-guignolesques d’incompétents qui dirigent le football africain ». Il dénonce une décision « qui vient de nulle part, que personne ne peut expliquer, qui ne repose sur rien » et assure que le TAS « reviendra sur cette décision et consacrera le Sénégal, bien évidemment ». Pour lui, « personne ne peut envisager que le Sénégal ne soit pas maintenu comme champion d’Afrique », tant la légitimité sportive des Lions, vainqueurs sur le terrain, ne fait à ses yeux aucun doute.

 

Avec RFI