Kim Jong-un, cité vendredi 20 février par l’agence de presse officielle KCNA, a salué dans son discours ouvrant le neuvième congrès du parti unique à Pyongyang un « tournant historique dans la mise en œuvre de la cause socialiste » de son pays.
Le congrès, qui a normalement lieu tous les cinq ans, est le plus important rassemblement du parti, un événement politique majeur qui, traditionnellement, renforce l’autorité du régime et peut servir de tribune pour annoncer des changements de politique ou des remaniements au sein de l’élite.
Un congrès longuement attendu qui fait d’abord le bilan des dernières années du régime. Ce dernier n’a cessé de développer son arsenal militaire et de nouer une nouvelle alliance avec la Russie, au prix d’une économie toujours extrêmement fragile, indique notre correspondant en Corée du Sud, Célio Fioretti.
Liens avec la Russie
Mais au-delà de la question militaire, le parti doit également décider de la posture diplomatique du régime. La nouvelle alliance avec Moscou, signée en 2024, est une nouvelle force pour la Corée du Nord, mais cette dernière devrait acter, dans les prochains jours, sa fermeture ou non à l’Occident.
En 2024, la Corée du Nord avait reconnu la Corée du Sud comme un État hostile, une première dans son histoire. Mais Séoul a, depuis, multiplié les mains tendues vers son voisin pour apaiser les tensions. Du côté de Washington, Donald Trump a également affiché son intention de rencontrer à nouveau le leader nord-coréen. Une attitude plus ouverte des deux ennemis traditionnels du régime qui pourrait influencer la décision du parti à ne pas se couper entièrement de l’Occident. Une décision qui sera formulée dans les prochains jours à Pyongyang.
Kim Jong-un avait marqué les esprits l’année dernière en assistant, aux côtés des présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine, à une gigantesque parade militaire célébrant à Pékin la victoire contre le Japon et la fin de la Seconde Guerre mondiale, 80 ans plus tôt. Une démonstration de son statut – renforcé – sur la scène politique mondiale.
Les parades militaires accompagnant traditionnellement la tenue d’un congrès seront surveillées de près par les experts grâce aux images satellites, car le régime de Pyongyang a l’habitude de les utiliser pour mettre en avant ses armes les plus récentes et les plus puissantes. Une attention particulière sera également portée à la question de savoir si Ju-ae, la fille de Kim, considérée comme le probable successeur, se verra attribuer un titre officiel.
Avec RFI






