Ce lundi, le ministère des Sports, dirigé par M. Bogola Haba, a adressé une correspondance à la Direction Générale du stade du 28 septembre, au Comité olympique, au Centre médico-sportif ainsi qu’à d’autres occupants du site, leur demandant de libérer les lieux dans le cadre du projet d’extension des infrastructures sportives.
Ce mardi, notre rédaction s’est rendue au stade pour recueillir les réactions des structures concernées. Interrogé à ce sujet, Dr Mermoz Manimou, Directeur général de la Médecine du sport, n’a pas caché sa colère.
« C’est une déception, parce que nous sommes une structure étatique créée par décret du président de la République. Quand une telle décision tombe, c’est une surprise, surtout que le courrier adressé ne respecte pas la procédure normale. On parle du cabinet, or il y a un chef de cabinet, un secrétaire général. J’ai l’impression que ces personnes n’ont même pas été consultées. Ce courrier aurait dû être paraphé par ces différentes entités », a-t-il déclaré.
Poursuivant, Dr Manimou précise : « Nous avons accusé réception de la lettre, mais nous ne sommes pas d’accord, à cause d’un vice de procédure. De plus, nous ne sommes pas en location. Quand on doit déplacer une structure étatique, il faut d’abord lui trouver un point de chute. La Médecine du sport, c’est la science de l’homme sain en mouvement. On ne peut pas parler du développement du sport sans elle. Toutes les disciplines basket, judo, karaté sont logées ici, au sein du seul Palais des Sports que nous avons. »
Selon lui, cette décision menace directement l’avenir du sport en Guinée : « Il veut tuer le sport. Pour le moment, les bureaux concernés sont ceux du stade. On attend donc qu’un site nous soit proposé. Nous ne pouvons pas partir sans ça. Il y a des équipements ici, comme la radio et le scanner. Leur démontage nécessite l’intervention d’ingénieurs étrangers. Ça demande de l’argent. Et ces services bénéficient à tous : CHU, centres médicaux communaux, patients, et même les travailleurs de Guicopres viennent ici. Si on nous demande de déguerpir, c’est tout simplement un grand sentiment de déception. »
Et de conclure : « Nous demandons à notre ministre de nous trouver un point de chute. Si c’est fait, il n’y a pas de problème. Nous sommes une structure étatique. Même si nous étions en location, ce n’est pas ainsi qu’on procède. Il faut un délai, un moratoire. En ce moment même, les championnats de boxe et de basket se déroulent ici, tous les jours, du lundi au dimanche. Pas plus tard qu’hier, une basketteuse est tombée et saignait du nez : c’est ici qu’elle a été prise en charge. »

A suivre…
Source:avenirguine.net






