Cette initiative intervient alors que la pénurie de main-d’œuvre qualifiée continue de peser sur l’économie de la première puissance de l’Union européenne. Portée par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), l’initiative a été baptisée « WE-Fair : Économie et politique de développement pour un recrutement équitable de main-d’œuvre qualifiée ».
Parmi ses membres fondateurs figurent notamment la Confédération allemande des syndicats (DGB), la Chambre allemande de l’industrie et du commerce (DIHK), la Fédération centrale de l’artisanat allemand (ZDH), ainsi que des entreprises comme DHL, Randstad et le constructeur de machines Klein.
« L’Allemagne a besoin de travailleurs qualifiés »
Selon le BMZ, le concept de l’alliance repose sur une complémentarité inédite : l’État mobilise ses réseaux diplomatiques et de coopération dans les pays partenaires, tandis que les entreprises apportent leur savoir-faire en matière de recrutement, de formation et d’intégration. Les chambres consulaires, les fédérations, les organisations de la diaspora et les syndicats agissent comme des « ponts » pour accompagner l’ensemble du processus et contribuer à la mise en place de dispositifs économiquement viables.
« L’Allemagne a besoin de travailleurs qualifiés. Le recrutement dans des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine devient de plus en plus important pour l’économie allemande », a déclaré la ministre fédérale allemande de la Coopération économique et du Développement, Reem Alabali Radovan. Avec la mise en place de l’alliance WE-Fair, Berlin entend créer « un triple bénéfice : pour l’Allemagne en tant que place économique, pour les personnes qui viennent chez nous et pour leurs pays d’origine », a-t-elle ajouté.
Formation professionnelle dans les pays d’origine
L’initiative prévoit de développer, dans les pays d’origine, des formations davantage adaptées aux besoins de l’économie allemande, tout en renforçant leurs systèmes de formation, qui doivent également bénéficier d’un transfert de compétences. Le gouvernement allemand estime que des formations plus pratiques en amont et un recrutement plus transparent permettront aux travailleurs qualifiés d’arriver mieux préparés en Allemagne et de s’insérer plus rapidement dans l’emploi comme dans la société.
L’Allemagne collabore déjà étroitement avec de nombreux pays, qu’elle soutient dans la formation d’une main-d’œuvre qualifiée. Elle appuie notamment, au Vietnam et en Égypte, des réformes de la formation professionnelle destinées à rapprocher les cursus des standards internationaux tout en renforçant le niveau de qualification local, a rappelé le BMZ. Au Vietnam, près de 50 pour cent des diplômés de ces programmes rejoignent ensuite le marché du travail allemand, avec une préparation linguistique et technique renforcée.
Réforme de loi sur l’immigration qualifiée
En 2023 et 2024, l’Allemagne a réformé sa loi sur l’immigration qualifiée afin de faciliter l’embauche de travailleurs étrangers disposant d’une formation professionnelle ou d’une expérience pratique reconnue dans leurs métiers. La réforme assouplit la reconnaissance des diplômes étrangers, désormais considérés comme juridiquement équivalents à des titres allemands.
Selon le ministère fédéral de l’Économie, de nombreux postes restent vacants faute de main-d’œuvre qualifiée dans certains secteurs et régions d’Allemagne. Cette pénurie touche particulièrement les domaines STIM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) et le secteur de la santé.
Le ministère souligne que le vieillissement démographique est le facteur déterminant de cette crise : la population en âge de travailler (20-65 ans) diminuera de 3,9 millions d’ici 2030, pour s’établir à 45,9 millions de personnes. D’ici 2060, cette baisse atteindra 10,2 millions, selon les projections démographiques.
Avec dpa-news







