La sortie du Premier ministre Amadou Oury Bah sur les trois prochaines années, qu’il a annoncées comme une période difficile pour la Guinée, continue de faire parler. Sur les réseaux sociaux, certains ont rapidement interprété ces propos comme l’annonce d’une période d’austérité.
Le directeur général du quotidien national Horoya, Ibrahima Koné, apporte une autre explication. Pour lui, il ne faut pas isoler les propos du chef du gouvernement de la nouvelle orientation budgétaire engagée par le pays.
Ibrahima Koné évoque notamment le programme conclu avec la Banque mondiale, basé sur un budget-programme couvrant une période de trois ans. Il estime que cette démarche doit permettre à l’État de mieux maîtriser ses dépenses et de donner davantage de visibilité à ses priorités.
« Après les trois ans, chacun aura le fruit qu’il faut pour le développement », a-t-il déclaré, présentant ainsi les efforts demandés comme une étape nécessaire avant d’espérer des résultats plus importants.
Le responsable de Horoya insiste également sur les perspectives économiques liées à Simandou et au fonds souverain guinéen. Les revenus attendus de ces secteurs pourraient, selon lui, renforcer les ressources de l’État.
Mais il prévient que ces nouvelles recettes devront être gérées avec beaucoup de rigueur. Pour lui, il ne suffit pas que l’argent entre dans les caisses de l’État : il faut surtout qu’il soit utilisé de manière efficace et au bénéfice des populations.
Dans cette même logique, Ibrahima Koné revient sur l’audit annoncé sur les contrats signés depuis 2021. Il considère cette opération comme un moyen de faire le point sur les engagements pris par l’État et de mieux encadrer les dépenses publiques.
Sur le terrain administratif, il affirme que les différents ministères ont déjà travaillé sur leurs cadres de dépenses à moyen terme (CDMT), dans le but de les adapter au nouveau budget-programme triennal.
Pour le directeur général de Horoya, les efforts actuels devraient, à terme, se traduire par des améliorations concrètes : des routes mieux entretenues, un meilleur accès à l’eau, moins de coupures d’électricité et de meilleures conditions de travail dans l’administration.
Par Madiba Kaba







