Cette avancée a été rendue possible grâce au Programme frontière de l’Union africaine (AUBP), financé par le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères.

La Zambie et le Zimbabwe ont achevé la première phase de démarcation de leur frontière sur le lac Kariba, une opération inédite en Afrique pour une frontière internationale située sur un lac. Cette avancée a été rendue possible grâce au Programme frontière de l’Union africaine (AUBP), financé par le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères. 

« L’installation de bouées flottantes délimitant la frontière sur le lac Kariba constitue la première opération de démarcation d’une frontière internationale sur un lac en Afrique », ont indiqué, dans un communiqué conjoint, la Commission de l’Union africaine (CUA) et le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères. « Elle représente une étape historique dans la mise en œuvre du Programme frontière de l’Union africaine et une contribution majeure à la gouvernance pacifique des frontières sur le continent », a-t-on souligné.

Des frontières mieux définies

Selon le communiqué, cette réalisation est le fruit d’une étroite coopération entre les gouvernements zambien et zimbabwéen, avec l’appui technique de la CUA et un financement du gouvernement allemand. Des frontières internationales clairement définies « favorisent la paix, préviennent les conflits, renforcent la sécurité juridique, améliorent la navigation et la gestion des ressources halieutiques, réduisent les franchissements accidentels de frontières et renforcent la coopération dans la gestion des ressources naturelles partagées », a-t-on souligné.

Partagé par la Zambie et le Zimbabwe, le lac Kariba est un lac artificiel de plus de 5.000 kilomètres carrés, l’un des plus vastes au monde, formé à la suite de la construction, à la fin des années 1950, du barrage du même nom sur le fleuve Zambèze.

Un engagement réaffirmé au service de l’Agenda 2063

Alors que l’AUBP « progresse vers son achèvement », la CUA et l’Allemagne « réaffirment leur engagement commun à soutenir les États membres de l’UA dans le renforcement de la gouvernance pacifique des frontières, la prévention des conflits, la promotion de l’intégration régionale et la réalisation des aspirations de l’Agenda 2063 », le cadre stratégique de l’UA fixant la vision et les priorités de développement de l’Afrique à l’horizon 2063.

Lancé en 2007 par l’UA pour « prévenir et résoudre les conflits liés aux frontières et promouvoir l’intégration régionale et continentale », l’AUBP bénéficie depuis 2008 du soutien du ministère fédéral allemand des Affaires étrangères, par l’intermédiaire de l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ).

À cette fin, il facilite et soutient la délimitation et la démarcation des frontières africaines, renforce les capacités des États en matière de gestion des frontières, consolide le processus d’intégration dans le cadre des communautés économiques régionales et promeut la coopération transfrontalière au niveau local.

Plus de 100 millions d’euros de financements allemands

Lors du lancement du programme, seul un tiers des 170.000 kilomètres de frontières terrestres que compte l’Afrique bénéficiait d’une délimitation juridique précise et d’une démarcation physique effective (bornes, piliers et tranchées). Entre 2008 et 2024, plus de 8.000 kilomètres de frontières ont été mieux définis, délimités ou démarqués grâce à l’appui technique et financier de l’Allemagne, selon la GIZ.

L’Allemagne a soutenu l’AUBP à hauteur de plus de 100 millions d’euros depuis 2008, selon des chiffres communiqués en 2025 par l’ambassadeur d’Allemagne au Bénin, Stefan Buchwald. Selon le diplomate, plus de 40 pays africains ont déjà bénéficié de cet appui pour la gestion des frontières et la prévention structurelle des conflits.

Les financements allemands couvrent notamment l’achat et l’installation de bornes en béton, la cartographie numérique (GPS, imagerie satellitaire), la formation des commissions nationales ainsi que la réalisation d’infrastructures socio-économiques transfrontalières, telles que des marchés et des centres de santé, afin d’apaiser les tensions locales.

Des frontières mal définies constituent des sources potentielles de conflits locaux et interétatiques, en particulier lorsque des ressources naturelles sont découvertes dans les zones frontalières.

 

Avec dpa-news