En Espagne, les habitants des deux dernières communes de la région de Madrid évacuées en raison du vaste incendie de forêt ont été autorisés à regagner leur domicile mercredi 29 juillet 2026. Si les autorités estiment le feu désormais « stabilisé » après avoir ravagé plus de 25 000 hectares, elles restent en alerte face au risque de reprise lié à la vague de chaleur. Pendant les évacuations, certains riverains ont choisi de rester pour protéger leurs maisons, comme à San Martín de Valdeiglesias, à plus d’une heure de route Madrid.

L’incendie, qui a ravagé plus de 25 000 hectares à l’ouest de Madrid en Espagne, est désormais « clairement stabilisé », ont annoncé jeudi 30 juillet les autorités. « Les conditions météorologiques nocturnes ont permis (…) de rafraîchir la zone et de consolider le périmètre, qui est clairement stabilisé, sans progression depuis plusieurs jours, avec peu de points fumants et presque plus de flammes », a indiqué la préfecture de la région de Madrid.

Les autorités restent toutefois prudentes. Si le feu est contenu, elles estiment que le risque de reprise demeure « très élevé, voire extrême » en raison de la chaleur et poursuivent la surveillance des points chauds.

Cette amélioration de la situation a permis aux habitants des deux dernières communes évacuées de la région de Madrid de regagner leur domicile mercredi soir, comme l’a annoncé la veille le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. Un peu moins d’un millier de personnes restent toutefois évacuées dans la province.

« Nous avons juste fait ce qu’il fallait »

Si la plupart des habitants avaient quitté les lieux, certains ont choisi de rester pour tenter de sauver ce qui pouvait encore l’être. À San Martín de Valdeiglesias, à plus d’une heure de Madrid, une quarantaine de riverains s’est organisée pour protéger le quartier.

Derrière le lycée de Yarixa, 18 ans, un terrain vague et une vingtaine de maisons ont été au cœur de la lutte contre les flammes lorsque l’incendie est devenu incontrôlable. Les pompiers étant débordés, il a fallu utiliser les moyens du bord.

« Nous nous sommes mis à faire pare-feu nous-mêmes. On a commencé à avoir très peur parce que l’incendie avançait très vite. Il venait des villages d’à côté, El Tiemblo et Cebreros [à une cinquantaine de kilomètres, NDLR]. Nous étions surtout des habitants, avec quelques pompiers, mais très peu. », raconte la jeune femme au micro de notre envoyée spéciale sur place, Alice Froussard.

Leur objectif : débarrasser le terrain de toute végétation susceptible de brûler et de creuser un passage pour empêcher la progression des flammes. « Tu fais comme une tranchée, comme ça le feu ne peut pas s’approcher des maisons », résume-t-elle.

La bataille de la campagne contre la ville

Leur stratégie a fonctionné, bien qu’apeurés, la petite équipe d’environ quarante personnes a réussi à faire en sorte que les maisons de cette rue soient épargnées. Leur stratégie a fonctionné, au moins localement, puisqu’une centaine de maisons a brûlé dans cet incendie à l’ouest de Madrid.

Derrière cette tragédie, se joue aussi une autre bataille, estime Yarixa : celle de la campagne contre la ville. « On devrait nous laisser débroussailler, couper des arbres, faire ce genre de choses, parce qu’en fin de compte, les gens des villages, nous savons le faire », déplore la jeune habitante.

Un constat partagé par Maria, qui était avec elle ce même soir. « Il faut demander plein d’autorisations, et souvent elles ne sont pas accordées. Ou alors trop tard, à une période où on ne peut plus couper, à une saison où ça poserait problème », ajoute-t-elle. Courageuses, elles n’aiment pas ce mot. « Nous avons juste fait ce qu’il fallait pour notre village », disent les deux amies.

 

Avec RFI